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Le semis de Fuchsia Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LAMY   
14-09-2011
C'était en … 1855 !

La plupart des Fuchsias qui existent aujourd'hui dans les jardins mûrissent très bien leurs graines. Mais, à moins que celles-ci n'aient été produites à la suite d'une fécondation croisée artificielle, c'est à peu près perdre son temps que de les semer, car les plantes qu'elles donnent sont rarement égalent en mérite aux porte-graines, et le plus souvent même elles leur sont fort inférieures.

Or, la fécondation artificielle, en vue d'hybridation, est très facile à opérer sur les Fuchsias, leur pistil étant très saillant et leurs anthères contenant beaucoup de pollen.

Lorsqu'on a fait le choix des plantes qu'on veut hybrider, on doit ne pas perdre de vue que celle qui portera la graine communiquera son port à l'hybride, et que peu importe le port du pied qui fournira le pollen, pourvu que ses fleurs aient du mérite.

Après avoir choisi les fleurs qu'on doit féconder, on en supprime les étamines aussitôt après l'épanouissement, et, lorsqu'elles sont parfaitement ouvertes, on applique sur leur pistil le pollen des fleurs  dont on veut communiquer ainsi les qualités. On les distingue par un signe quelconque, et, quand les fruits auxquels elles ont donné naissance sont parfaitement mûrs, on sépare les graines de la pulpe en lavant le tout dans de l'eau limpide : les bonnes graines vont au fond.

On sème ensuite les graines ainsi nettoyées, au printemps, en pots remplis d'une terre légère et tenus en orangerie. Il leur faut peu de chaleur pour germer ; l'auteur dit du moins avoir reconnu que, sans chauffage, la germination se fait aussi bien, sinon mieux, que lorsqu'on chauffe, et que les plantes ainsi obtenues sont plus fortes que celles qui l'ont été avec le secours de la chaleur. Dès que les jeunes pieds venus ainsi de semis ont pris un peu de force, on les plante isolément dans de petits pots, et on les place dans un lieu un peu aéré. Quand on les tient dans une atmosphère confinée, ils tendent à s'allonger, tout en restant grêles et faibles, ce qui altère leur port naturel. On change dans des pots plus grands  lorsque cela devient nécessaire : ceux de 12 à 15 centimètres sont parfaitement suffisants, car de plus grands ne feraient qu'activer la végétation et retarderaient la floraison.

Il ne faut ni pincer ni tailler ces plantes, jusqu'à ce qu'elles fleurissent. Le principal objet qu'on doit se proposer est de les amener à fleurir le plus tôt possible.

Or, beaucoup donnent leurs fleurs la même année. Après que leur végétation est terminée et que leurs feuilles tombent, on modère les arrosements et l'on arrive ainsi à les tenir presque à sec pendant l'hiver. Au printemps suivant, on recommence à donner plus d'eau, et, lorsque les plantes donnent des signes d'une reprise de végétation on les place en un lieu où elles aient beaucoup de jour et d'air, mais on évite de les rempoter jusqu'à ce qu'elles fleurissent. 

L'auteur conseille de tenir les pieds de semis, pendant la floraison, en plein air, dès qu'on n'a pu à craindre de gelées, parce que leurs fleurs ont des couleurs plus vives et plus tranchées que s'ils restent enfermées ; cependant il est bon de choisir pour eux un endroit où ils soient un peu ombragés dans le milieu du jour. Les Fuchsias ne sont pas délicats quant à la nature de la terre. Toute bonne terre de jardin leur convient, pourvu qu'elle soit poreuse et que les pots aient un bon drainage. On nuit souvent beaucoup à ceux dont la végétation est vigoureuse en leur donnant de grands pots et une terre riche, c'est là le motif pour lequel les fuchsias serratifolia, fulgens, corymbiflora et autres de même nature fleurissent souvent mal.

L'auteur rapporte qu'ayant planté deux pieds de fuchsia serratifolia, l'un dans une bonne terre franche gazonnée et fumée, l'autre dans une terre maigre, vieille et mélangée de quelques morceaux de brique, il vit le premier pousser avec beaucoup de force, mais ne fleurir que tout à la fin de la saison, tandis que l'autre poussa peu et fleurit en abondance pendant presque toute la saison. Quant aux variétés moins robustes, elles prospèrent dans une bonne terre franche, mêlée d'un tiers de fumier bien consommé. Exécutée avec ces soins et dans ces conditions, la multiplication des fuchsias au moyen de leurs graines, donne d'excellents résultats, et déjà nos cultures lui doivent une multitude de formes nouvelles, qui ont effacé les limites entre la plupart des espèces primitives, mais qui, d'un autre côté, font aujourd'hui  l'un des plus brillants ornements de nos jardins, tant par l'abondance de leurs fleurs que par la vivacité de leur couleurs, ou par le contraste qu'elles offrent entre leur calice et leur corolle. Ajoutons que ces arbustes joignent à ces mérites celui d'être faciles à cultiver et à propager de boutures.

Aussi, grâce à ces diverses qualités, sont-ils recherchés partout, et aujourd'hui, après en avoir admiré de nombreuses et brillantes collections dans les jardins des horticulteurs et des amateurs, on les retrouve avec plaisir jusque sur les balcons et les fenêtres de l'habitant des villes, végétant encore avec assez de vigueur au milieu d'une atmosphère chargée de poussière et empestée de fumée.
Les semis de Fuchsia par M. W. S. (The florist, Fruitist and garden Miscellany)


Dernière mise à jour : ( 29-10-2011 )
 
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