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Marions nos fuchsias, ils auront peut-être de beaux enfants Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par LAMY   
28-06-2012

Tout ce que j’ai pu lire sur l’hybridation du fuchsia

et la création  de variétés nouvelles tenait en quelques pages :

un sujet lointain, voire inaccessible, comme si c’était une expérience au pôle sud.


  Il faut bannir à tout jamais ces idées reçues : c’est facile, pas cher et cela peut rapporter,en un mot de beaux fuchsias . Les chances de gagner sont d’ailleurs très supérieures à celles du loto.
  Pour mémoire, il est bon de rappeler que le bouturage donne un fuchsia identique à la plante-mère. Au contraire, le semis produit des plantes très diverses ( un fort pourcentage de plantes sans intérêt, parfois inférieures aux parents) l’obtention de nouvelles variétés passe donc obligatoirement par la reproduction sexuée. Elle se traduit par une suite d’opérations simples.

Avec un peu de patience et de méthode, la réussite est surtout fonction de l’ampleur des essais …d’ou la nécessité d’être nombreux à marier des fuchsias.
La séquence des opérations est la suite

1/ le choix des parents : c’est une affaire de goût et d’intuition, selon le but recherché : port, végétation, forme et couleurs de la fleur, rusticité, etc… J’enregistre l’hybridation (nom codé de la mère et du père) au feutre indélébile sur une bande de plastique agrafée à la tige de la fleur

2/La fécondation croisée : Elle se pratique aux heures chaudes, surtout du 1erAoût au 15 Septembre : Elle consiste à déposer du pollen pulvérulent sur un pistil à maturité (collant)
Souvent réalisé sans la précaution très astreignante de la protection après fécondation, cette technique donne néanmoins de grandes chances de fournir les hybrides désirés

3/ Récolte des graines : Pour être sûr que le fruit est bien mûr, le mieux est de le ramasser après sa chute. Sachant que lorsqu’un fuit est mûr la pulpe et les graines avortées flottent et que les graines fertiles tombent au fond de l’eau, j’effectue le tri dans un égouttoir placé dans un saladier blanc (pour mieux voir les graines). Je décante à la manière des orpailleurs. Le séchage est réalisé en 48 heures dans un bol.
4/ Le semis :Il existe deux écoles : soit le semis de printemps, mais la faculté germinative est de courte durée ; soit le semis immédiat, mais il faut être en mesure d’assurer la survie hivernale des plantules.Pour lever, la graine doit être un peu recouverte de compost fin et séjourner en atmosphère fraîche et légèrement humide. J’ai obtenu les meilleurs dans des mini serres ou dans les caisses à poisson recouvertes d’un verre (ou polycarbonate). Le semis est également possible dans les micro serres, mais les jeunes plantes manquent d’air si l’on veut conserver l’ambiance humide
5/ Le repiquage : Il peut s’effectuer à 2 ou 4 feuilles réelles en pot de 0,2 litre dans une mini serre. Endurcir les plantes avant la mise en place définitive
6/ La plantation à mi ombre (lumière tamisée). A ce moment toutes les plantes sont numérotées afin d’éviter toutes confusion avec celles des années suivantes , ou précédentes.
7/ La floraison : 40 à 60 % des plantes qui ont survécu fleurissent un an après l’hybridation.

8/ La sélection : Elle se fait au minimum sur trois ans.La première année, j’élimine ce qui ne me plaît pas. La seconde année les plantes se révèlent, j’en profite pour éliminer encore. Je laisse en place pour l’hiver des plantes qui seront intéressantes si elles résistent au gel. Le reste est bouturé pour assurer la survie des meilleures plantes. La troisième année sert à affiner la sélection .Nouveaux bouturage et distribution.
9/ Enregistrement A.F.S : En principe, seules les plantes présentant des caractéristiques nouvelles peuvent être enregistrées à l’AFS. Entre les années 1985 et1989 incluse, une moyenne de 146 nouvelles plantes par an ont reçu l’homologation AFS pour le monde entier.
ConclusionL’obtention de nouvelles variétés, c’est à la fois la passion, l’art, les surprises. De grandes joies en perspective offertes à tous ceux qui oseront essayer .

Beaucoup de pays l’ont compris et ont déjà des résultats. Alors pourquoi  pas la France qui fut, avec Victor Lemoine, l’un des pôles de l’hybridation
Marions nos fuchsias, ils auront peut-être de beaux enfants

René MASSE extraits

Dernière mise à jour : ( 28-06-2012 )
 
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