Les Triphyllas
Écrit par hugot   
08-01-2013

Le Fuchsia Triphylla et ses hybrides

A la fin du 17ème siècle, le Révérend Père Charles Plumier, botaniste de Louis XIV, découvre sur l’île d’Hispaniola, aux Antilles, une plante inconnue de lui. Elle pousse sur les pentes humides et en bordure des forêts de pins et de feuillus entre 1100 et 2000 m d’altitude.

 

En 1703, il la décrit dans son ouvrage « Nova Plantarum Americanarum Genera » et lui donne le nom de « Fuchsia triphylla flore coccinea » c'est-à-dire « Fuchsia à 3 feuilles et à fleur rouge ». Il lui donne le nom de « fuchsia » en l’honneur de Leonhart Von Fuchs né en 1501, médecin et botaniste bavarois à l’Université de Tübingen en Allemagne. Plus tard Carl Linné dans sa Nomenclature binominale par genre et espèce lui donnera le nom de F. triphylla, sur lequel est fondé un nouveau genre. Cette espèce est facilement reconnaissable par sa croissance faible, ses fleurs oranges en grappes et ses tubes floraux de forme particulière (longueur de la fleur 25-40 mm). Ceux-ci sont renflés à la base, habituellement rétrécis dans la moitié inférieure puis soudainement dilatés au-dessus du milieu et légèrement rétrécis à nouveau à la pointe. F. triphylla peut fleurir sur du bois nu mesurant seulement 20 à 30 cm. Les sépales sont lancéolées, les pétales elliptiques à ovales. La floraison est inhabituelle en étant presque érigée ou retombante dans la moitié supérieure alors que les fleurs individuelles sont divergentes ou retombantes comme dans les autres espèces de la Section Fuchsia. Les feuilles sont duveteuses avec des nervures teintées de rouge, membraneuses. Elles sont par 3, généralement en verticille, de couleur vert sombre au-dessus et clair à violacé dessous, finement dentelées. Les pédicelles sont légèrement poilus. La culture de ce botanique est assez délicate. Les premiers hybrides de Triphylla datent du début du 20ème siècle obtenus par des croisements de F. triphylla avec F. fulgens et F. boliviana. Le créateur le plus fécond était alors Carl Bonstedt. Il créa en premier « Mary » puis « Gartenmeister Bonstedt », « Koralle », « Göttingen » et d’autres. Il est l’obtenteur d’une douzaine de variétés souvent encore cultivées. Chez ces fuchsias hybrides, le feuillage souvent duveté, allant de vert au bronzé, rehaussé par les nervures rouges, offre un écrin parfait aux grappes de longues fleurs rouges ou orangées. Il y a deux types d’hybrides de Triphylla : ceux qui ont les fleurs au bout des branches (fleurs terminales) et ceux qui fleurissent à l’aisselle des feuilles (fleurs axiales). Il existe aussi une zone floue intermédiaire où les plantes ne sont pas clairement d’un type ou d’un autre, ayant à la fois des fleurs terminales et axiales. Dans le premier groupe à fleurs terminales, on trouve « Thalia », « Insulinde », « Andenken an Heinrich Henkel », « Koralle », ou « Gartenmeister Bonstedt », etc. Le deuxième groupe à fleurs axiales comporte entre autres « Elfriede Ott », « Orient Express », ou « Jacqueline ». Ces dernières années, l’intérêt grandissant pour ces hybrides, a incité à la recherche d’autres couleurs comme l’aubergine, le rose, le lilas et même le blanc comme « Our Ted » de Goulding. L’obtention hollandaise « Small Pipes » est un interspécifique issu d’un croisement primaire de F. triphylla et F. paniculata avec des fleurs en grappes comme celle du père F. paniculata. La gamme des colorations et des formes de fleurs s’est élargie grâce aux travaux d’obtenteurs comme John Wright, Brian Stannard, Oxtoby et Herman de Graff. (Programme d’hybridation des « hybrides Pantri » (panic-ulata-triphylla)). La mise en culture de ces différentes variétés de triphyllas est en général la même pour toutes les formes. Leur floraison en été est souvent un peu plus tardive que pour les autres cultivars mais elle dure parfois jusqu’à la rentrée et au-delà pendant l’hiver à condition de les mettre en serre avec lumière et chaleur. Plantation en pleine terre. Les hybrides de triphyllas supportent bien le soleil (de préférence celui du matin) et peuvent être mis dehors de mai à octobre. Il faudra pourtant leur donner une légère ombre à l’aide d’un filet au moment des chaleurs les plus fortes de l’après-midi. Un emplacement protégé du vent est conseillé. Ces variétés craignant le gel, il faut surveiller les températures au printemps et à l’automne. Les triphyllas « érigés » peuvent être plantés en groupe dans un massif ou une bordure. Les sujets hauts se prêtent bien à être placés dans un massif avec d’autres plantes. Leurs rameaux fleuris, légèrement penchés sont très élégants et leur feuillage souvent très coloré est du meilleur effet. Les trous de plantation doivent être bien préparés. Si la terre du jardin n’est pas de bonne qualité, il faudra ajouter 1 ou 2 poignées de bon compost. Choisir des plantes à croissance vigoureuse et droite et qui ont grandi dans des pots de 10 à 12 cm. Les enterrer 5 cm plus profond que la hauteur du pot, les arroser jusqu’à enracinement complet et leur donner 1 fois par semaine un engrais liquide équilibré. Après quelques semaines on donnera un « coup de fouet » avec un fertilisant en granulés en surfaçant légèrement. Les plantes une fois installées doivent être normalement entretenues et malgré une résistance relative reconnue aux maladies et aux insectes, il faudra les surveiller contre d’éventuelles attaques. Quelques variétés pour l’extérieur : « Insulinde », « Len Bielby », « Koralle », « Thalia », « Jacqueline », « Bornemann’s Best », « Mary », « Leverkussen », « John Maynard Scales ».
Dernière mise à jour : ( 08-01-2013 )