Herman de Graff, Hybrideur
Écrit par LAMY   
29-08-2014
Dès notre arrivée à Lisse, M. et Mme De Graaff, nous reçoivent

chaleureusement dans leur maison et nous proposent une collation de bienvenue. Je dois dire que nous n'étions point arrivés les mains vides.
Comme novice sur le principe d'hybridation, je reste sans voix quand M. De Graaff répond, de plus en plus ouvert, de la manière qu'il a procédé.
Au départ, il a joué avec le pollen et les pistils, sans but précis, cela me surprend. Je pensais que tout hybrideur avait dès le départ un but précis, avec des solutions envisagées ? Mais je me trompais.
Quant au laboratoire (digne d'un James Bond), que je m'imaginais, en fait, une serre comme vous en possédez, sur un sol de terre battue, en vitres et plastique à bulles, des tables où il met ses pots, mais pas d'instruments chirurgicaux…
Puis, avec l'expérience et des premiers résultats encourageants, M. De Graaff approfondit ses recherches. Il est reparti sur des hybridations entre des fuchsias botaniques qu'il a fait reproduire entre eux, par reproduction sexuée.
Papa a joué avec maman, des sacs de graines sont arrivés à maturation, des graines ont été récoltées, puis semées et ont germé. Des interspécifiques (mariage entre deux fuchsias botaniques) sont nés. Puis de ces interspécifiques, il a rejoué, et ainsi de suite. Voilà pourquoi, nous nous battons et faisons des kilomètres pour découvrir de nouvelles beautés !
Après plusieurs années de ce traitement, il a orienté ses recherches pour obtenir des fuchsias simples, mais très originaux. Il se refuse à obtenir des fuchsias aux pétales doubles ou plus.
Un bel exemple de réalisation : LE DUTCH KINGSIZE. Vous ne connaissez peut-être pas ce merveilleux fuchsia, et pourtant il vaut le coup ! M. De Graaff a "marié" Walz Orgelijp avec F. inflata. (C'est un botanique rare, difficile et très long de la section Hemsleyella). Ce qu'il s'est produit est surprenant, un seul sac de graines s'est formé. De cela, M. De Graaff a récolté quelques graines, et les a semées. Une seule a germé, elle a poussé, grandi et fleuri. Ce qui m'a étonné dans ce cas précis, c'est qu'il n'est pas besoin de semer des centaines de graines pour avoir un original, contrairement à ce que je m'étais imaginé.
Son travail en cours, dans une serre mise hors gel, pour l'hiver, est surprenant : de spots de fuchsias taillés d'une part, et d'autres, qui sont pleins de sacs de graines, avec des scotches sur les pédoncules indiquant qui est le père.

Des sacs de graines comme cela, il y en a des dizaines. On dirait des arbres de noël décorés. Ils attendent leur maturation pour être récoltés et leurs graines, semées. Sa serre, au fond du jardin, remplie au ras-bord de pots avec près de mille variétés est identique aux nôtres ; les plantes taillées au plus court, superposées les unes sur les autres, avec juste assez d'espace pour être arrosées (rarement). Les seules non taillées, sont celles citées plus haut. Le jardin, quant à lui, est relativement petit, car pour recevoir ce flot de variétés, il doit certainement les mettre sur des étagères.
Je dois avouer que j'ai eu le plaisir d'admirer quelques spécimens non encore homologués, en fleur, d'autres spécimens déjà homologués et prêts à êtres bouturés. L'après-midi, après que Piet Van Grondelle nous ait rejoint, nous présentâmes la projection en 3D, celle que nombre d'adhérents ont entraperçue au cours de la dernière assemblée générale. Ils restèrent étonnés de la qualité et de la diversité et cela leur a donné des idées pour leurs prochaines réunions locales.
La journée s'est achevée sous un temps très pluvieux, mais plein d'espoir de se revoir, en Hollande, ou lors d'une venue en France. Je garde un excellent souvenir.
Roland Hugot